BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT FONDS … · banque africaine de developpement fonds africain de...

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  • BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT FONDS AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT

    BURUNDI

    DOCUMENT DE STRATEGIE PAYS 2012-2016

    DEPARTMENT REGIONAL EST-A

    OCTOBRE 2011

    Equipe

    C. Baumont-Keita, Spcialiste en Chef Economie, OREA R. Linzatti, YPP, OREA E. Ferreras, Expert en genre, ORQR4 J. Kromer, Expert principal en ressources naturelles, OSAN4 J. Murara, Expert en chef en protection sociale, OSHD1 M. Hassane, Expert principal en acquisition, KEFO P. More Ndong, Expert en transport, OITC2 L. Yapo, Expert principal en mobilisation des ressources, ORMU A. Byll-Cataria, Expert en protection sociale, OSFU M. Kinane, YPP, OWAS2

    Pairs Evaluateurs

    M. Mallberg, Economiste Principal, OSGE2 G. Ndiaye, Economiste, EDRE1 A. Vergnes, Economiste pays, OREB M. Todorova, externe, Banque Mondiale

  • TABLE DES MATIERES

    I. INTRODUCTION ............................................................................................................ 1 II. CONTEXTE DU PAYS ET PERSPECTIVES ................................................................ 1

    Contexte politique .................................................................................................................. 1 Contexte conomique............................................................................................................. 2 Contexte du secteur financier................................................................................................. 5

    Secteur Priv et Climat des affaires ....................................................................................... 5 Gouvernance .......................................................................................................................... 6

    Contexte Social ...................................................................................................................... 7 Environnement et changement climatique ............................................................................. 8

    III. OPTIONS STRATEGIQUES ........................................................................................... 9 Cadre stratgique du pays ...................................................................................................... 9 Atouts et opportunits ............................................................................................................ 9

    Dfis et faiblesses ................................................................................................................ 10 Coordination des bailleurs de fonds ..................................................................................... 12

    Le positionnement de la Banque au Burundi ....................................................................... 13 Rsultats et leons tires de la mise en uvre du DSP 2008-2011 ..................................... 13

    IV. STRATEGIE DU GROUPE DE LA BANQUE ............................................................. 14 Justification de lintervention du Groupe de la Banque ....................................................... 14 Rsultats attendus et objectifs .............................................................................................. 16

    Suivi et valuation................................................................................................................ 18

    Risques potentiels et mesures dattnuation ........................................................................ 18 Dialogue avec le pays .......................................................................................................... 18

    V. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS............................................................. 19

    ANNEXES

  • i

    LISTE DES ABBREVIATIONS

    API Agence Burundaise pour la Promotion des Investissements

    ARMP Autorit de rgulation des marchs publics

    BIF Franc Burundais

    BIFO Bureau du Burundi

    CAE Communaut dAfrique de lEst

    CDC Cour des Comptes

    CEEAC Communaut Economique des Etats de lAfrique Centrale

    CNCA Comit National de Coordination des Aides

    COMESA March Commun de lAfrique Orientale et Australe

    CRR Centre rgional des ressources

    CSLP Cadre Stratgique de Croissance et de Lutte Contre la Pauvret

    DBSL Prts lappui du budget de dveloppement

    DNCMP Direction Nationale de Contrle des Marches Publics

    DSP Document Stratgie Pays

    DSIR Document de Stratgie dIntgration Rgionale

    EPIP Evaluation des Politiques et des Institutions des Pays

    FAD Fonds Africain de Dveloppement

    FEC Facilite Elargie de Crdit

    FEF Facilite en Faveur des Etats Fragiles

    FEM Fonds pour lEnvironnement Mondial

    FIDA Fonds International pour le Dveloppement Agricole

    FMI Fonds Montaire International

    GCP Groupe de Coordination des Partenaires

    GIZ Socit Allemande de Coopration Internationale

    KEFO Bureau du Kenya

    OBR Office Burundais des Recettes

    OMD Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement

    PAARC Projet dAdaptation et dattnuation des Risques lies aux Changements

    Climatiques

    PABV Projet dAmnagement des Bassins Versants

    PAM Programme Alimentaire Mondial

    PARE Programme dappui aux rformes conomiques

    PEFA Evaluation de la Performance de la Gestion Financire

    PEMFAR Public Expenditure Management and Financial Accountability Review

    PIB Produit Intrieur Bruit

    RDC Rpublique Dmocratique du Congo

    RNB Revenue National Brut

    SFI Socit financire internationale

    TVA Taxe sur la Valeur Ajoute

    UC Unit de Compte

    UE Union Europenne

    UNICEF Fonds de Nations Unies pour lEnfance

    VIH/SIDA Virus de limmunodficience humaine/syndrome immunodficience

    acquis

    WDR Rapport sur le Dveloppement mondial

  • ii

    LISTES DES GRAPHIQUES, TABLEAUX ET ENCADRES DESCRIPTIFS

    Encadrs

    Encadr 1: Refugis, dplacs, rapatris et ex-combattants

    Encadr 2: Le rgime foncier

    Encadr 3: Mobilisation des ressources internes : tude de cas du Burundi principales

    recommandations

    Encadr 4: Lutte contre la corruption

    Encadr 5: Dfis lis la mise en uvre du Code des marchs publics.

    Encadr 6: Lemploi

    Encadr 7: La Vision 2025

    Encadr 8: Un plan daction pour les infrastructures

    Encadr 9: DSP 2008-2011 - Rsultats cls

    Encadr 10: Limpact de la Dcentralisation

    Graphiques

    Graphique 1: Taux de croissance rel du PIB

    Graphique 2: Indice des prix la consommation, inflation

    Graphique 3: Solde budgtaire

    Tableaux

    Tableau 1: La facilit de faire des affaires en Afrique de lEst

    Tableau 2: Division du travail entre les partenaires au dveloppement

    EQUIVALENCES MONETAIRES

    Octobre 2011

    Monnaie = Franc Burundais (BIF)

    1 UC = 1985,60 BIF

    1 EUR = 1716,90 BIF

    1 dollar EU = 1271,50 BIF

  • 1

    I. INTRODUCTION

    1.1 Le Document de Stratgie Pays (DSP) 2012-2016 value les perspectives de dveloppement et

    les dfis auquel est confront le Burundi, ainsi que le rle que la Banque pourrait jouer, en

    collaboration avec le Gouvernement et les partenaires au dveloppement, afin dassister le pays

    atteindre ses objectifs de dveloppement, rcapituls dans la Vision Burundi 2025. Le DSP vise

    soutenir les efforts du pays pour sortir de la situation post conflit et sinscrit dans la continuit du

    prcdent DSP (2008-2011), qui sarticulait autour de la gouvernance et de la cration demplois

    par la mise en place dinfrastructures et par des interventions cibles dans le secteur agricole.

    1.2 Depuis 2008, le Burundi sest engag dans un vaste processus de rformes conomiques et

    sociales pour stimuler la croissance et lintgration rgionale, entrainant des progrs, bien qu un

    rythme lent, dans la modernisation de son conomie et de son administration. Cependant, en dpit

    de ces acquis, le pays reste fragile, notamment en matire de scurit et est caractris par un rseau

    dinfrastructures trs pauvre, un faible indice du dveloppement humain, un manque de capacits,

    une faible gouvernance ainsi quune forte vulnrabilit aux chocs externes. Afin de briser le cycle

    de la fragilit, caractrise par la vulnrabilit la pauvret et la violence, le renforcement de la

    scurit et le dveloppement conomique et social, sont au cur de la stratgie.

    1.3 La stratgie de la Banque est aligne sur le Cadre stratgique de lutte contre la pauvret

    (CLSP II), qui est la rponse du Burundi ses dfis. Elle intgre les leons apprises de la mise en

    uvre du DSP prcdent ainsi que les principales conclusions des travaux analytiques effectus, en

    particulier le Plan daction pour les infrastructures, et ce titre les opportunits de cofinancement et

    le rle catalytique de la Banque pour attirer des fonds additionnels. Elle est galement aligne sur le

    document de stratgie dintgration rgionale (DSIR) pour la rgion de lAfrique de lEst. Enfin,

    elle est le fruit dintenses consultations avec le Gouvernement, les partenaires au dveloppement, le

    secteur priv et la socit civile.

    1.4 La stratgie propose met laccent sur la slectivit et la complmentarit des deux piliers,

    savoir la consolidation de lEtat et lamlioration des infrastructures. Le choix de ces piliers

    repose sur lavantage comparatif de la Banque dans le secteur des infrastructures, ainsi que sa

    valeur ajoute dans lappui aux rformes, la bonne gouvernance et le renforcement des capacits. Ils

    permettront de stimuler le dveloppement du secteur priv en mettant sa disposition un meilleur

    environnement des affaires et des services dinfrastructures appropris, et in fine de promouvoir la

    croissance et le dveloppement inclusif.

    II. CONTEXTE DU PAYS ET PERSPECTIVES

    Contexte politique

    2.1 Lanne 2010 a t

    importante pour la

    consolidation du systme

    dmocratique, avec un

    calendrier lectoral

    charg et des progrs

    enregistrs dans la mise

    en uvre de laccord de

    paix conclu entre le

    gouvernement et les

    mouvements rebelles.1 Le dsarmement et la dmobilisation des anciens combattants ont contribu

    la rduction de linscurit et les efforts de rintgration et de rinsertion se poursuivent, quoique

    1 Bien que le gouvernement et le FNL-PALIPEHUTU (Forces Nationales de Libration Parti pour la libration du peuple hutu), le dernier groupe

    rebelle, aient sign un accord de cessez-le-feu en Septembre 2006, il a fallu deux ans de ngociations pour parvenir une cessation des hostilits. En

    Encadr 1: Refugis, dplacs, rapatris et ex-combattants. Le gouvernement entend

    favoriser lintgration et la rinsertion des sinistrs de guerre et des rapatris travers des

    appuis sous la forme daide alimentaire, de logements et daccs aux services sociaux. Entre

    2006 et 2009, 510.000 rapatris sont retourns, tandis que peu prs 72.000 refugies sont

    toujours lextrieur. Les dplacs internes, estims environ 150.000, sont pour la plus

    part hbergs dans des structures et dans des familles daccueil. Le gouvernement envisage

    de mener une tude visant dterminer la solution approprie pour chaque structure

    daccueil, soit la fermeture accompagn dun appui au retour sur la colline dorigine pour

    ces dplacs, soit la transformation des structures en villages ruraux intgrs. Un dfi majeur

    est de rduire la pression croissante sur les ressources foncires. Le gouvernement a appuy

    la dmobilisation et la rinsertion de 29.528 ex-combattants et continue sa stratgie de

    rintgration socio-conomique durable, favorisant laccs lemploi et au revenu.

  • 2

    Encadr 3: Mobilisation des ressources internes: tude de cas

    du Burundi principales recommandations.

    (i) Renforcer lautonomie de lOffice Burundais des Recettes

    (OBR) et retenir le personnel qualifi et intgre;

    (ii) Elargir lassiette fiscale et rduire les exonrations; (iii) Lutter contre la corruption (iv) Harmoniser la fiscalit avec les pays de la CAE.

    Encadr 2: Le rgime foncier. La question foncire constitue actuellement une proccupation majeure et les conflits fonciers

    sont nombreux et menacent la consolidation de la paix. Ils constituent la majeure partie des affaires portes devant les tribunaux,

    plus de 70% en ce qui concerne les tribunaux de rsidence. Les causes de ces conflits sont multiples, notamment: 1) la raret de

    la terre, base de la survie dune majorit de Burundais; 2) linscurit sur les droits fonciers lie lincapacit des systmes

    actuels de gestion foncire apporter une rponse satisfaisante en matire de scurisation foncire; 3) les conflits successifs qui

    ont conduit des centaines de milliers de personnes rfugies et dplaces, pour lesquelles se pose la question daccs la terre

    au moment de leur rintgration. Le rgime foncier est domin par la gestion patriarcale en matire dhritage. En consquence,

    la question foncire demeure un dfi majeur pour les femmes non seulement du fait de la non rsolution des conflits fonciers

    exacerbs par le retour massif des refugis mais aussi de leur faible accs la terre, et ce dautant plus pour les groupes

    vulnrables (veuves, orphelines). Le vote dune nouvelle loi plus galitaire, soutenu par des organisations de la socit civile

    rencontre de vives rsistances.

    dun autre ct, ils contribuent exacerber les dfis lis laccs la terre. Le pays jouit

    actuellement dune des plus longues priodes de stabilit politique (6 ans). Toutefois, depuis le

    boycott des lections de 2010 par lopposition, la situation scuritaire autour de la capitale sest

    dtriore. Des inquitudes persistent quant la possible rsurgence dune nouvelle rbellion, avec

    des affrontements entre les forces gouvernementales et les Forces Nationales de Libration. La loi

    sur les partis politiques, adopte le 25 avril 2011, qui durcit les conditions d'agrment et sapplique

    galement aux partis dj agrs, attise les craintes quant au retour du monopartisme.

    Contexte conomique

    2.2 Vue densemble: Le pays sort dune dcennie et demie de guerre civile et de crises socio-

    politiques majeures. En consquence, il figure parmi les pays les plus pauvres dAfrique avec un

    PIB par habitant de 170 dollars EU en 2011 (286 dollars EU en 1993 avant la dernire crise). Selon

    le rapport sur le dveloppement mondial 2011, le Burundi a perdu prs de deux dcennies de

    croissance des revenus. Le pays dispose d'importantes ressources naturelles, notamment des

    gisements miniers, mais souffre de son enclavement, du manque dinfrastructures, dun climat des

    affaires peu attractif, dune main-duvre peu qualifie et dune mauvaise adquation entre loffre

    et la demande, en matire de comptence. A cela sajoute une forte pression sur les ressources

    naturelles, due une forte densit de population, une des plus forte dAfrique (300 hab/km),

    combine avec une croissance dmographique rapide (2,6% en 2010), surtout en milieu rural o vit

    90% de la population. Cette pression, associe aux mthodes dexploitation traditionnelles en

    vigueur, engendre la dgradation continue et acclre de lenvironnement naturel. Les effets

    nfastes de lrosion des sols sur le cadre de vie et la baisse des capacits de production, en

    particulier au niveau du secteur agricole, ont des consquences socio-conomiques dsastreuses et

    en premier lieu sur les populations dmunies tirant leur moyens de subsistance des ressources

    naturelles.

    2.3 Le Burundi a mis en uvre un

    programme de rformes conomiques centr

    sur une politique montaire et fiscale

    prudente afin de rduire linflation et

    accrotre le revenu national ainsi que des

    rformes pour amliorer le climat des

    affaires et la gestion des finances publiques. Cest ainsi que dbut 2010, la mise en uvre de la

    Stratgie nationale de gestion des finances publiques 2009 - 2011 et de son Plan d'actions a

    dmarr. La 6me revue de la Facilite Elargie de Crdit (FEC)2 du FMI sest conclue favorablement

    en juillet 2011, mais insiste sur les risques et obstacles une croissance rapide, notamment la

    situation politique, la gouvernance et la scurit encore fragile. En outre, laide extrieure qui

    couvre environ 50% du budget, pourrait diminuer dans les prochaines annes, en raison de la crise

    Dcembre 2008, le gouvernement et le FNL-PALIPEHUTU ont sign un accord de partage du pouvoir, et en Janvier 2009 le groupe rebelle a enlev

    la connotation ethnique PALIPEHUTU de son nom, lui permettant ainsi dvoluer en tant que parti politique. 2 La facilite largie de crdit (FEC) a approuv un programme pour le Burundi en Juillet 2008, pour un montant quivalent 46,2 millions de droits de

    tirage spciaux (environ 69,9 millions dollars EU). Une revue positive de l'FEC, base sur le respect des critres de performance tablis, permet au

    gouvernement du Burundi de demander le dcaissement des fonds FEC.

  • 3

    conomique qui touche les partenaires traditionnels et donc renforcer la pression sur les finances

    publiques. Ltude de la Banque sur la mobilisation des ressources domestiques pour la rduction

    de la pauvret en Afrique de lEst propose diffrentes pistes, notamment llargissement de

    lassiette fiscale au monde rural. Il est toutefois encourageant de noter la hausse significative de

    40% des recettes fiscales de la premire moiti de lanne 2011 comparativement aux recettes de la

    mme priode en 2010.

    2.4 Structure de lconomie et moteurs de la croissance: Lconomie est peu diversifie et reste

    trs vulnrable aux chocs externes (petit pays enclav), politiques (instabilit) ainsi quaux alas et

    changements climatiques. Lagriculture, essentiellement base sur des petites exploitations

    agricoles, reste le secteur principal, reprsentant 43% du PIB et environ 90% de la main-duvre,

    dont la majorit est constitue de femmes agricultrices. Le secteur agricole est domin par la

    production du caf (environ 800.000 planteurs en dpendent directement), suivi de celle du th, et

    caractris par une productivit faible, avec un taux de croissance annuel infrieur 3% entre 2006

    et 2010. Le secteur tertiaire reprsente 32% du PIB, avec un taux de croissance de 5,1% en 2010,

    qui provient principalement du secteur des transports et tlcommunications avec 6,9% et 8,8%

    respectivement en 2009 et 2010. Le secteur industriel a galement enregistr une meilleure

    croissance (5% en 2010 contre 3,7% en 2007), provenant principalement de la construction,

    lindustrie minire et lnergie. Le Burundi dispose dimportants gisements miniers mais

    lexploitation de ces ressources dpend de la ralisation des projets dinfrastructures routires,

    ferroviaires et nergtiques.

    2.5 Perspectives de croissance: Depuis 2000, le

    Burundi a connu une lente reprise conomique

    avec un taux de croissance moyen de 3%. Cette

    tendance se confirme avec un taux de 3,9% en

    2010 et 4,2% (estim) en 2011. Cependant, tant

    donne la forte croissance dmographique, il

    faudrait au Burundi des taux de croissance du PIB

    de 8% les quatre prochaines annes pour pouvoir

    atteindre, lhorizon 2015, le niveau de revenu

    national brut par habitant davant la guerre.

    2.6 Commerce: Le commerce international est structurellement dficitaire dune anne lautre,

    puisque les importations sont plus leves que les exportations, et connaissent une croissance plus

    prononce. Dans la premire moiti de lanne 2011, les importations ont augment de 44%,

    principalement en raison de laugmentation des achats de matriaux de construction et du ptrole, et

    en 2011 sont estimes 540 millions de dollars EU contre seulement 105,9 millions de dollars EU

    pour les exportations. Les exportations ne sont pas diversifies et sont principalement constitues de

    produits primaires faible valeur ajoute. En 2010, 69% des recettes dexportations provenaient de

    lexportation du caf, 18% du th, 3% du secteur minier, et le reste de lhorticulture, du coton, et de

    lor. Les exportations de caf et de th nont pas pu simposer comme moteur de croissance tant

    donn la forte volatilit la fois des cours mondiaux et du volume de production. Les pays de la

    Communaut dAfrique de lEst (CAE) et les autres pays partenaires au sein du March Commun

    de lAfrique Orientale et Australe (COMESA) importent respectivement 12% et 15% de la valeur

    des exportations, alors que les pays europens sont toujours les principaux importateurs.

    2.7 Gestion macroconomique: En janvier 2009,

    le pays a atteint le point d'achvement de

    l'initiative en faveur des pays pauvres trs endetts

    et a bnfici dun nouvel allgement de sa dette

    extrieure. Malgr les rformes budgtaires et la

  • 4

    hausse des exportations entre 2009-2011, le ratio du service de la dette/exportations sest dtrior

    de 1,7% 6,9%. Le risque de surendettement reste lev en raison du dsquilibre structurel de la

    balance commerciale et de la vulnrabilit de lconomie burundaise aux chocs externes. A cette

    fin, le gouvernement sest engag, aprs discussions avec le FMI, conduire une politique fiscale et

    montaire trs prudente et naccepter de financements extrieurs que sous la forme de dons ou de

    prts trs concessionnels.

    2.8 Politique montaire: Le Burundi est membre de lUnion Douanire de la CAE, qui, lhorizon

    2012 pourrait aboutir une union montaire. Le pays mne donc sa propre politique montaire, qui demeure axe sur la stabilit des prix avec lobjectif dun taux dinflation un seul chiffre. La

    marge de manuvre reste cependant trs limite tant donn la forte influence des prix

    limportation sur le niveau gnral des prix. La variabilit, en particulier la hausse de linflation est

    un problme rcurrent, avec un taux dinflation estim 14% en 2011 (9,5% en 2010 et 4,6% en

    2009) en raison principalement dune flambe des prix des produits de premire ncessit et des

    cours du ptrole sur le march mondial.

    2.9 La vulnrabilit du pays est renforce par les difficults mettre en place des mesures

    permettant dabsorber les chocs externes comme dmontr dans le document de la

    Banque Analyse de la sensibilit de l'conomie burundaise aux chocs . En dpit des progrs

    enregistrs, grce aux diffrentes mesures mises en place, progrs reconnus par les partenaires,

    toute augmentation du prix du ptrole ou des denres alimentaires entraine immdiatement une

    dtrioration de la balance commerciale et une hausse de linflation. Aussi, la poursuite et

    lapprofondissement des rformes savrent indispensables.

    2.10 Politique budgtaire: La mobilisation des

    ressources internes reste au cur des politiques

    budgtaires et devra continuer tre amliore.

    Les recettes fiscales ont graduellement augment

    de 2007 2009 grce la croissance des impts

    sur les revenus et les biens et services. Cette

    augmentation sest renforce en 2010 suite la

    mise en uvre du programme de modernisation

    de ladministration des recettes fiscales,

    notamment la cration de lOBR en juin 2010 et

    lintroduction de la TVA. Ainsi, le recouvrement

    des recettes a augment de 20% en 2010, reprsentant 19,1% du PIB, soit 0,8 % de plus que prvu.

    Notons que pour la premire fois depuis la crise, le pays est en mesure de financer ses dpenses

    courantes (hors investissements) sans financement extrieur.

    2.11 Le dficit budgtaire en 2011, contributions des bailleurs de fonds comprises, a enregistr une

    lgre amlioration en diminuant de 4,3% en 2010 4,1%. Au total, le budget global de lexercice

    2011 sera financ hauteur de 53,5% par les donateurs. La dmobilisation de nombreux ex-

    combattants a rduit les dpenses de dfense et le gouvernement sest engag rduire davantage

    les dpenses du secteur de la scurit en faveur des secteurs conomiques et sociaux prioritaires.

    Cependant, en 2010, les ressources consacres aux secteurs productifs (agriculture, industrie et

    mines) et aux infrastructures conomiques ne dpassaient pas respectivement 6,2% et 15,1% des

    dpenses totales, niveaux trs insuffisants face aux besoins. En outre, la masse salariale qui

    reprsente 12% du PIB en 2011 reprsente un autre dfi. Le gouvernement sest engag la

    ramener moins 11% du PIB moyen terme (pour une moyenne africaine denviron 10%), sans

    affecter les recrutements dans les secteurs sociaux.

  • 5

    Burundi Kenya Rwanda Tanzanie Ouganda

    Facilit de faire des affaires 169 109 45 127 123

    Dmarrage d'une entreprise 108 132 8 123 143

    Agrments 159 37 84 176 109

    Obtention d'lectricit 151 115 50 78 129

    Enregistrement de biens 109 133 61 158 127

    Obtention de crdits 166 8 8 98 48

    Protection des investisseurs 46 97 29 97 133

    Paiement des impts 125 166 19 129 93

    Commerce transfrontalier 174 141 155 92 158

    Excution des contrats 172 127 39 36 116

    Rsolution de l'insolvabilit 183 92 165 122 63

    Source: Doing Business 2012

    Tableau 1: La facilit de faire des affaires en Afrique de l'Est

    2.12 Taux de change et volution dans le secteur extrieur: Le dficit du compte courant sest

    dtrior en 2011, avec un dficit prvisionnel de 16,5% du PIB aprs avoir atteint 13,4% en 2010.

    Cette situation s'explique essentiellement par laugmentation du dficit de la balance commerciale

    suite une subvention temporaire3 du carburant, introduite pour contrebalancer laugmentation des

    cours mondiaux. Le taux de change sest stabilis et la banque centrale poursuit les rformes du

    systme des enchres de devises, avec le soutien du FMI. Les rserves extrieures en mois

    dimportation sont stables autour de 5 mois.

    Contexte du secteur financier

    2.13 Avec 75% des actifs du systme financier, les banques dominent le secteur financier et

    affichent des taux de liquidit et de rentabilit trs levs. Le ratio de solvabilit tait de 14% en

    moyenne en 2008, nettement suprieur la moyenne rgionale, et le taux de rendement sur fonds

    propres tait au niveau remarquable de 30% en moyenne. Nanmoins, le cadre juridique et

    rglementaire du secteur financier ncessite dtre renforc, avec des marchs des capitaux encore

    peu dvelopps. A cet effet, le gouvernement a labor une stratgie de rforme de ce secteur et un

    plan daction qui se concentre sur la modernisation de linfrastructure et du cadre lgal du systme

    des paiements, en ligne avec la CAE.

    2.14 Accs au financement: Le manque daccs au financement, en particulier les crdits long

    terme, est un srieux problme pour la majorit de la population. En raison du manque de

    reprsentation dans les zones rurales et de laccs limit aux garanties bancaires, spcialement pour

    les femmes, seule 2% de la population possdent un compte bancaire et moins de 0,5% ont un prt.

    Le march de la microfinance a enregistr des progrs limits, et est caractrise par un taux de

    pntration de 7% pour le crdit et de 26% pour lpargne.

    Secteur Priv et Climat des affaires

    2.15 Le secteur priv reste embryonnaire avec 3.000 entreprises enregistres, pour la plupart petites

    et moyennes, employant 37.000 personnes. La part de linvestissement priv dans le PIB, bien

    quayant progress de 2,2% en 2000 13% en 2010, reste limite. Les carences au niveau de

    linfrastructure, en particulier le manque de rseau routier adquat et daccs llectricit,

    constituent des obstacles importants. Cette situation est aggrave par linstabilit politique, la

    corruption, un faible systme lgal, un manque de ressources humaines qualifies et laccs

    difficile au financement. Le pays est class 169me

    sur 183 pays dans le rapport Doing business de

    2012 et 140me

    sur 142 par le rapport global de la comptitivit.

    2.16 Rformes: Des avances notables en matire de rformes dans plusieurs secteurs sont mettre

    au crdit du gouvernement. En 2010, il cr lAgence burundaise pour la Promotion des

    Investissements (API). Ceci a permis damliorer trois4 indicateurs du Doing business, et en

    consquence a conduit lamlioration du

    classement en 2012 (181me

    en 2011). LAPI

    va dsormais se concentrer sur les autres

    indicateurs. Par ailleurs, dans le cadre de la

    CAE, le gouvernement est en train

    dharmoniser sa lgislation fiscale. Sachant

    que les impts et taxes sur le revenu sont les

    plus levs de la CAE, llargissement de la

    base, dj initie par lOBR, savre

    indispensable pour maintenir le niveau des

    3 Toute baisse des prix internationaux des carburants entrainera une rduction de la subvention. Elle expirera fin 2011. 4 La rvision du Code des socits prives et publiques de 1996, adopte par le parlement en avril 2011, a permis de simplifier les procdures de

    cration de socits : le nombre de jours pour crer une entreprise est pass de 30 2, le temps de transfert des biens est pass de 72 8 jours et

    lapprobation des permis de construction se fait en deux fois moins de temps.

  • 6

    recettes. Enfin, labsence dun cadre lgal en matire de partenariat public priv (PPP) est un frein

    au cofinancement des infrastructures.

    Gouvernance

    2.17 Lvaluation des politiques et des

    institutions du pays (cf. Annexe 1)

    indique que la notation globale de la

    gouvernance est reste stable 2,8 entre

    2008 et 2010. Les notations des sous-

    critres sont galement restes identiques.

    Avec une note de 2, la transparence,

    obligation de rendre compte et corruption

    dans le secteur public enregistre la plus

    basse performance. Lindice Mo Ibrahim

    de la gouvernance avec une note globale

    de 45/100 entre 2009 et 2010 positionne

    le Burundi la 37me

    place des pays

    africains. Les plus mauvais scores concernent lducation (48/53), les infrastructures (46/53), la

    sant (44/53), la scurit nationale (41/53) et la scurit personnelle (39/53).

    2.18 Gestion des finances publiques: Des risques fiduciaires importants ont t identifis par les

    diffrentes tudes menes rcemment5 dans les domaines du processus de budgtisation, du contrle

    de lexcution du budget, de la comptabilit et linformation financire et des contrles interne et

    externe. La mise en uvre dun programme de rformes de la gestion des finances publiques est en

    cours6, comprenant notamment (i) la soumission au Parlement de la loi des finances (ii)

    llaboration de manuels de procdures dexcution budgtaires et (iii) llaboration des rapports

    trimestriels dexcution.

    2.19 Passation de marchs: Lactuel code des marchs publics, align au code des pays de la CAE,

    est entr en vigueur en octobre 2008. Son objectif est dtablir des rgles et procdures rationnelles

    qui favorisent la concurrence et la transparence. Lanne 2009 a vu la mise en place des organes

    prvus par le code. Malgr ces progrs, les capacits institutionnelles pour mettre en uvre les

    rgles et procdures demeurent limites au regard du niveau de professionnalisation des acteurs.

    5 Public Expenditure Management and Financial Accountability Review (PEMFAR) en 2008; Public Expenditure and Financial Accountability

    (PEFA) en 2009; Public Expenditure Review (PER) en 2010. 6 Rapport dvaluation, PARE IV, Mai 2011

    Encadr 4: Lutte contre la corruption. Pour la deuxime anne

    conscutive, le score dans lIndice de Perception de la corruption de

    Transparency International est rest inchang 1,8 sur 10 en 2010 et 2009,

    par rapport 1,9 en 2008. Le pays se classe la 170me position sur 178

    pays, dernier au sein de la CAE. La culture de limpunit, venant de la crise

    de 1993, concernant les crimes en gnral ainsi que les cas de corruption

    graves reste inquitante. Nanmoins, les condamnations rcentes des

    dirigeants de la SOSUMO et de lOTRACO confirment la volont affiche

    au sein du gouvernement de lutter contre la corruption, avec une politique

    de zro tolrance et une sensibilisation accrue dans la population. Le

    gouvernement va trs prochainement lancer la Stratgie Nationale de Bonne

    Gouvernance et de Lutte contre la Corruption avec un plan daction trs

    dtaill. Il y a toutefois un risque que les efforts des diffrentes institutions

    impliques dans la lutte contre la corruption (lInspection Gnrale de

    lEtat, la Brigade Spciale Anti-corruption, la Cour Anti-corruption et la

    Cour des Comptes) soient contraints par le manque de mcanismes formels

    de collaboration et de textes rglementaires inadapts.

    Encadr 5: Dfis lis la mise en uvre du Code des marchs publics. LAutorit de rgulation des marchs publics (ARMP) et celle

    de la Direction nationale de contrle des marchs publics (DNCMP) ont t mises en place en 2009. Lintgrit du systme repose

    essentiellement sur la DNCMP et lARMP. La DNCMP met des avis sur tous les dossiers au-dessus de certains seuils bien dfinis tout

    en exerant un contrle posteriori sur les marchs en de de ces seuils. De son ct, lARMP dispose dune part dun mcanisme de

    recours indpendant assur par son Comit de rglement des diffrends et dautre part est charge dassurer des audits rguliers de la passation des marchs. La faiblesse fondamentale dans ce dispositif rside dans le fait que lARMP nest pas autonome financirement

    et que son ancrage au Ministre des finances nest pas appropri. En matire de transparence, il nexiste pas de journal de marchs publics, ni de site web pour assurer une large diffusion de linformation sur la passation des marchs. A court terme, loprationnalisation effective et lefficacit des cellules de passation, qui sont des structures ad hoc, doivent tre renforces. En matire

    de contrle, lARMP doit entreprendre laudit posteriori des marchs.

  • 7

    Contexte Social

    2.20 Les indicateurs de dveloppement

    humain ont connu une amlioration

    sensible depuis 2005, en raison

    principalement de l'engagement accru du

    gouvernement et des donateurs, surtout

    en ce qui concerne la sant et

    lenseignement de base. Le pays a ainsi

    amlior son indice du dveloppement

    humain, mais reste class 166me sur

    169 pays. Selon la dernire enqute 2006

    mene auprs des mnags,7 67% de la

    population vit en dessous du seuil de

    pauvret (0,64 dollars EU/jour en milieu urbain et 0,41 dollars EU/jour en milieu rural) contre une

    moyenne africaine de 42,3%. Cette moyenne nationale leve dissimule nanmoins de fortes

    disparits, avec 69% de pauvret en milieu rural contre 34% en milieu urbain, soit un pays

    caractris par une forte pauvret rurale. Le coefficient de Gini slevait 0,33 en 2006 et aucune

    donne rcente ne permet danalyser lvolution des ingalits. Les populations rurales, dj les

    plus pauvres, sont aussi les plus vulnrables au changement climatique, et en particulier les femmes,

    car elles dpendent plus que toutes autres de lenvironnement pour leur subsistance (accs leau et

    aux combustibles, aux produits vivriers, etc.).

    2.21 Il est probable que le Burundi natteigne pas un seul des objectifs du millnaire pour le

    dveloppement (OMD)8 en 2015 (cf. Annexe 2). Cette situation est principalement due au fait que

    l'anne de rfrence est 1990, alors que depuis 1993, le pays a connu une crise politico-militaire

    majeure qui a fortement affect les conditions de vie.

    2.22 Sant: Lintroduction du systme gratuit des soins maternels et infantiles en 2006 a conduit

    laugmentation de la couverture vaccinale, qui est passe de 59% 86% entre 2006 et 2010. Le taux

    d'accouchement dans les formations hospitalires est pass de 22% en 2005 41% en 2009 et le

    taux de mortalit infantile sest galement amlior de 166/1000 en 2006 71 en 2011. Malgr les

    mesures prises pour faciliter laccs des femmes et des enfants aux soins de sant, la situation reste

    proccupante. La mortalit maternelle reste leve avec un taux de 615 dcs pour 100.000

    naissances vivantes en 2009. Pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA ou souffrant de la

    tuberculose et du paludisme, les subventions ont permis daccrotre le nombre de bnficiaires, de

    600 20.307 entre 2002 et juin 2010. Le taux de prvalence du VIH/SIDA chez les adultes de 15-

    49 ans est de 4,2% chez les femmes et de 3,3% chez les hommes.

    2.23 Eau potable: Le taux daccs leau potable est denviron 85% Bujumbura et 55% en milieu

    rural. En 2009, 61% des centres de sant et seulement 27% des coles primaires disposaient de

    points deau potable fonctionnels. Lappui en cours de la Banque dans ce secteur se concentre sur la

    rhabilitation et lextension du rseau en milieu rural.

    2.24 Education: Le taux net de scolarisation, grce la politique de l'enseignement primaire gratuit

    pour tous, est pass de 53% en 1990 90% en 2008/2009. Toutefois, des dfis majeurs subsistent,

    en particulier la qualit de l'ducation et lingalit dans laccs la scolarisation aussi bien au

    niveau de lenseignement secondaire qu celui du suprieur. Le taux dachvement du premier

    cycle du secondaire est de 17% pour les filles contre 24% pour les garons tandis quau niveau du

    second cycle, ces taux sont ramens respectivement 9% et 17%. Concernant lenseignement

    7 Questionnaire Unifi du Bien tre de Base (QUIBB), Banque Mondiale, 2006 8 Selon le WDR 2011, aucun tat fragile faible revenu ou aucun pays en conflit na encore atteint un seul OMD

    Encadr 6: Emploi. Le chmage est un problme proccupant, surtout dans

    le cadre de la consolidation de la paix, et contribue linscurit. En tant

    que pays fragile, les problmes lis au chmage, notamment le chmage des

    jeunes doivent occuper une place de choix. Toute activit gnratrice

    demplois, en crant de la richesse, contribue aussi la consolidation de la

    paix et de la scurit. Le chmage est essentiellement urbain, alors que la

    grand majorit de la population rurale se dclare occupe aux activits

    agricoles, et touche davantage les jeunes et les femmes. En 2008, le taux de

    chmage tait valu 14,4% Bujumbura, 9% Gitega et 6,5% Karusi et

    lge moyen des chmeurs tait de 29 ans. Les jeunes la recherche dun

    premier emploi reprsentant 60% des chmeurs. Ces chiffres sous-estiment

    la ralit mais refltent bien le fait que les opportunits demplois sont rares,

    aussi bien en raison du trs faible dveloppement du secteur priv formel

    que des restrictions dans la fonction publique. En milieu urbain, cest donc

    principalement le secteur informel (dont 70% sont des femmes) qui sert de

    vivier demplois si laccs aux intrants et la mcanisation est facilit.

  • 8

    primaire public, le rapport filles/garons se situait en 2009 97% (72% au secondaire). En juillet

    2009, le gouvernement sest dot dune Politique Nationale de lEducation des Filles afin

    dinstaurer lgalit dici 2015.

    2.25 Genre: Les efforts du Gouvernement pour lquit de genre sont encourageants. En premier

    lieu, le pays a ratifi la Convention sur lElimination de toutes les Formes de Discrimination

    lEgard des Femmes entre autres instruments internationaux et nationaux. Il sest dot dune

    Politique Nationale Genre en 2003, dun cadre lgal adquat, tels que la Constitution de 2005 qui

    institutionnalise que 30% des pos tes de dcisions devront tre des femmes et dun nouveau Code

    Pnal 2009 pour renforcer la rpression contre les violences lies au genre. Grce cela, les femmes

    sont reprsentes 32% lAssemble Nationale, 46% au Snat et 42% au Gouvernement.

    Nanmoins lautonomisation des femmes constitue toujours un dfi, cause du trs faible accs aux

    facteurs de production comme le crdit et la terre ainsi que leur participation insignifiante dans les

    secteurs porteurs. Selon la tradition, les femmes ne peuvent pas possder des terres et ne peuvent

    pas hriter ni de leurs maris ni daucun parent. Cette situation aggrave et renforce la vulnrabilit

    des mnages dirigs par les femmes, qui reprsentent environ 22% du total. Pour 2011, le plan pour

    la mise en place de la rsolution Onusienne 13259 est envisag et un projet de loi spcifique contre

    les violences sexuelles au Burundi est prvu pour approbation en 2012.

    2.26 Socit civile: Le gouvernement reconnat le rle important de la socit civile et de la libert

    de la presse dans le renforcement de la dmocratie et la garantie dun processus participatif. La

    socit civile est active et a t encourage participer au processus dlaboration du CSLP II ainsi

    que dans les divers groupes sectoriels. La constitution garantit la libert dexpression et de la presse,

    mais des barrires formelles et informelles et autres entraves, notamment en matire de capacit,

    subsistent. En 2010, le Burundi se plaait seulement la 108me

    position sur 178 pays en 2010 pour

    la libert de presse.

    Environnement et changement climatique

    2.27 Lenvironnement naturel est riche en ressources et constitue un capital pour lensemble des

    activits socio-conomiques. Au niveau des ressources en eau, le pays est bien loti grce une

    pluviomtrie abondante, un rseau hydrographique dense et des fortes capacits de mobilisation

    dans les marais et les lacs. Cette richesse hydraulique contraste avec une vulnrabilit due une

    rpartition gographique ingale ainsi qu une gestion limite des squences sches et labsence

    damnagement pour la mobilisation de cette ressource. Le Burundi fait face une dgradation

    continue et acclre de son environnement dont les effets nfastes sobservent dj travers la

    dtrioration du cadre de vie et la baisse de la capacit de production, en particulier au niveau du

    secteur agricole. Les sols du Burundi enregistrent une baisse progressive de fertilit, ce qui a un

    impact important sur les femmes, en augmentant leur charge de travail, puisquelles constituent la

    majorit des agriculteurs, mais aussi ce sont elles qui collectent le combustible (bois) et leau. Cette

    dgradation des sols est conscutive plusieurs causes dont les plus importantes restent la forte

    pression dmographique et lexploitation ininterrompue des sols, qui ne facilitent pas le repos des

    terres. Quant la dgradation des ressources forestires, elle concerne aussi bien la vgtation

    naturelle que les boisements artificiels. 10% du couvert forestier ont disparu entre 1992 et 2010 d

    au fait que la population stait rfugie dans les forts pendant la crise, ainsi quau changement

    climatique. Les rsultats de simulation du changement climatique aux horizons 2000-2050 font tat

    dune augmentation de la temprature ainsi que dune variabilit plus marque des prcipitations

    caractrise essentiellement par le rtrcissement de la saison des pluies. Ces perspectives sont de

    nature exacerber et aggraver les impacts dj observs ces dernires annes, notamment en

    matire de scurit alimentaire et de dpendance nergtique.

    9 Le 31 octobre 2000, le Conseil de Scurit des Nations Unies a adopt la Rsolution 1325 sur les femmes, la paix et la scurit, une norme

    internationale innovante. Cette rsolution demande une pleine et gale participation des femmes dans toutes les initiatives relatives la paix et la

    scurit. Elle demande galement ce que les questions relatives aux femmes, la paix et la scurit fassent parties des priorits de lagenda global..

  • 9

    III. OPTIONS STRATEGIQUES

    Cadre stratgique du pays

    3.1 Le cadre de dveloppement global et les

    objectifs de dveloppement social et conomique

    long terme sont stipuls dans la Vision

    Burundi 2025, adopte par le Parlement en

    octobre 2010. Cette vision saccompagne dun

    instrument de planification moyen terme, le

    CSLP, dont la deuxime gnration est en cours

    de validation et sera lance officiellement au

    plus tard dbut janvier 2012. Les quatre axes

    stratgiques, identifis suite une large concertation entre le gouvernement, la socit civile et les

    partenaires au dveloppement, sont: 1) le renforcement de ltat de droit, la consolidation de la

    bonne gouvernance et la promotion de lgalit du genre; 2) la transformation de lconomie pour

    une croissance soutenue et cratrice demplois; 3) lamlioration du taux daccessibilit et de la

    qualit des services de base et le renforcement de la solidarit nationale; 4) la gestion de lespace et

    de lenvironnement en harmonie avec le dveloppement.

    3.2 Le CSLP II accorde la plus haute priorit une croissance soutenue et cratrice demploi, qui

    passe ncessairement par un cadre macroconomique sain, la productivit renforce des secteurs

    porteurs de croissance, notamment lagriculture, les infrastructures conomiques, la promotion du

    secteur priv et lemploi des jeunes. Il inclut dsormais la question genre10

    comme un levier

    important des politiques et du dveloppement, absent du CLSP I. Le CSLP II identifie galement la

    prservation de lenvironnement et le changement climatique comme priorit majeure (peu

    dveloppe dans le CLSP I) et tente de dvelopper et approfondir le lien entre la lutte contre la

    pauvret et la prservation de lenvironnement. Concernant la socit civile et le secteur priv, le

    CSLP II affirme la ncessit dun partenariat actif pour la mise en uvre de la nouvelle stratgie,

    notamment dans la lutte anti-corruption et le renforcement de la transparence dans la gestion des

    affaires publiques. Notons que la question de la protection sociale des groupes vulnrables nest pas

    approfondie dans le CSLP II.

    Atouts et opportunits

    3.3 Une meilleure valorisation du potentiel dexportation agricole : Avec un rgime

    pluviomtrique qui rend possible deux saisons agricoles par an, des ressources hydrauliques

    importantes et une bonne fertilit des terres, le secteur agricole a le potentiel de stimuler la

    croissance. En outre, les femmes, si elles sont dument outilles (formation, accs aux intrants et au

    crdit) peuvent jouer un rle majeur dans la modernisation du secteur agricole, vu quelles

    reprsentent 90% de la main duvre rurale informelle Etant donne lexistence de conditions agro-

    cologiques idales, la production de caf de qualit suprieure a le plus fort potentiel (la rforme

    du secteur est en cours, avec 13 stations de lavage du caf dj privatises et 104 restantes). Le pays

    pourrait galement tirer profit de la forte demande sur le march du commerce quitable et sur les

    autres marchs de niche. Les cultures non traditionnelles dexportations comme les produits

    horticoles et fruitiers, les huiles essentielles, les plantes mdicinales, les avocatiers et le macadamia,

    sont autant dopportunits pour le pays et bnficient du soutien du gouvernement. Lexploitation

    de ces potentialits est cependant lie une amlioration du climat des affaires, une gestion foncire

    adquate et lamlioration des infrastructures rurales.

    3.4 Un potentiel minier sous-exploit: Le Plan dactions pour les infrastructures au Burundi met

    en exergue le potentiel minier du Burundi et les dfis associs. Le secteur offre de relles

    opportunits moyen et long terme. En effet, le Burundi dispose de la deuxime plus grande

    10 Profil genre de la Banque, 2011

    Encadr 7: La Vision 2025. Les principaux objectifs lhorizon

    2025 sont : (i) une croissance conomique annuelle de 10%, (ii)

    une matrise de la croissance dmographique avec un taux annuel

    de 2% et (iii) un taux de pauvret ramen 50%. Pour atteindre

    ces objectifs, la vision repose sur huit piliers: i) la bonne

    gouvernance et le renforcement des capacits de lEtat; ii) le

    capital humain; iii) la croissance conomique et la lutte contre la

    pauvret; iv) lintgration rgionale; v) la dmographie; vi) la

    cohsion sociale; vii) lamnagement du territoire et lurbanisation

    et viii) le renforcement du partenariat avec toutes les parties

    prenantes.

  • 10

    rserve de Coltan dans la rgion et 6% des rserves mondiales de nickel. Avec un gisement

    denviron 180 millions de tonnes (lun des dix plus larges gisements connus et non encore exploits

    dans le monde), Musongati dtient les rserves de nickel recherch par lindustrie mtallique.

    Lexploitation de ces ressources se fait actuellement de manire artisanale, en grande partie en

    raison de labsence dinfrastructures adquates en lectricit et transport. Des tudes de traitement

    du nickel sur place, afin de transformer les minraux au lieu de les exporter ltat brut sont en

    cours. Le pays est aussi en train de rformer le cadre juridique du secteur et de mettre en place un

    programme de certification de ses exportations de minerais visant rendre ces opportunits

    dinvestissement plus intressantes pour les grands producteurs. La Banque, de son ct, encourage

    le pays adhrer linitiative pour la transparence des industries extractives (EITI) et pourrait lui

    apporter son soutien, notamment travers la Facilit africaine de soutien juridique.

    3.5 Une position stratgique dans la sous-rgion: Le pays pourrait tirer profit de sa position

    stratgique en servant de porte dentre pour les mouvements de biens et services entre la CAE

    (rgion anglophone) et la Communaut Economique des tats de lAfrique Centrale (CEEAC,

    rgion francophone). De telles relations existent dj entre le Burundi et la Rpublique

    dmocratique du Congo (RDC), un march de 60 80 millions dhabitants. A titre dexemple, les

    deux pays cooprent de manire trs troite dans le secteur de lnergie11

    . Avec son adhsion la

    CAE en 2007, le Burundi renforce encore sa position stratgique, en intgrant un march commun

    de 133,5 millions de personnes et un PIB denviron 75 milliards dollars EU. Au-del des avantages

    commerciaux escompts, une plus grande intgration pourrait aussi contribuer rduire les tensions

    politiques et les problmes scuritaires12

    . Pour tirer plein profit de cette position gographique, et

    comme stipuls dans le DSIR pour la rgion de lAfrique de lEst, la priorit doit tre donne au

    dveloppement des infrastructures rgionales, notamment dans le transport et lnergie, mais

    galement aux investissements dans les infrastructures immatrielles, comme les postes frontires

    uniques.

    Dfis et faiblesses

    3.6 Assurer lautosuffisance alimentaire: En dpit de son potentiel, le secteur agricole est domin

    par les activits de subsistance et caractris par une productivit trs faible qui ne suffit pas

    garantir la scurit alimentaire. La pression dmographique sur la terre ainsi que labsence daccs

    aux substituts du bois dnergie contribuent la dgradation de ces ressources. Labsence

    dinfrastructures permettant la circulation en toute saison de biens et des personnes empche le

    dveloppement du secteur agricole et lenclavement des zones rurales ne permet pas aux produits

    dtre achemins depuis les zones de productions vers les marchs nationaux et rgionaux. En outre,

    linscurit qui a prvalu dans les zones rurales depuis 1993, combine aux frquents conflits

    fonciers, ont conduit un manque dentretien gnralis des plantations et reprsentent un obstacle

    linvestissement. La perturbation du rgime climatique, qui se traduit par un dbut tardif et un

    raccourcissement de la saison des pluies, occasionne galement des pertes importantes en termes de

    production agricole13

    .

    11

    Les investissements dans lnergie propre, tant donn leurs couts levs, requirent une solution au niveau rgional en intgrant le secteur priv 12 La consolidation de la paix dans la rgion est un des objectifs cls de la CAE 13 Une stratgie nationale dapprovisionnement nergtique orient vers la substitution progressive de lusage du feu de bois par des nergies

    nouvelles et renouvelables, constituerait une action nationale approprie de mitigation particulirement intressante dans la mesure o elle offre des

    bnfices additionnels au niveau environnemental (rgnration du couvert forestier, lutte contre lrosion, etc.)

  • 11

    Encadre 8 : Un plan daction pour les infrastructures au Burundi.

    Dans le cadre de la coopration entre le Burundi et la Banque, une tude ayant pour objet

    danalyser en dtail les besoins en infrastructure dans une perspective rgionale a t mene. Base

    sur une analyse intgre des transports, de lnergie, des tlcommunications et de lexploitation minire, un plan dactions de 20 ans pour les infrastructures, align avec les objectifs nationaux

    comme rgionaux a ainsi t labor.

    Le plan d'action, d'un montant de 5,8 milliards de dollars EU, sera mis en uvre au cours des deux prochaines dcennies, en ciblant les besoins en infrastructures, en particulier lamlioration des

    rseaux routiers et dlectricit, la modernisation de l'aroport international et le raccordement des

    8 millions dhabitants de ce pays enclav au rseau fibre optique haute vitesse par cble sous-marin.

    Etat davancement de la mise en uvre du Plan dactions

    Rseau routier: BAD - RN14 (fait) RN5 et RN15 (en cours) et RN13 et RN3 (envisages) UE RN12 (fait) et RN 13 et RN 4 (envisages)

    Banque Mondiale rhabilitation et entretien des pistes rurales (en cours) Rseau lectrique: BAD Rusumo falls et Ruzizi 3 (envisage)

    UE Ruzizi 3 (envisag)

    Banque Mondiale Rusumo falls (envisag) Rseau ferroviaire: BAD - Dar es Salaam/Isaka/Musongati (tudes en cours)

    Rseau internet: Banque Mondiale connexion au rseau fibre optique (en cours)

    Le secteur priv nest pas encore impliqu mais les travaux relatifs lamlioration du cadre lgal

    et rglementaire devraient permettre sa plus grande implication.

    3.7 Le manque

    dinfrastructures: Le Burundi

    souffre dun dficit

    dinfrastructure important, qui

    constitue un obstacle majeur au

    dveloppement du pays,

    comme confirm par le Plan

    d'action pour les infrastructures

    au Burundi, ralis par la

    Banque en 2009. En effet, le

    Burundi est devanc par tous

    les autres membres de la CAE

    en ce qui concerne laccs aux

    infrastructures de base. Quant

    linfrastructure routire, dont

    dpendent 90% des services de transport intrieurs de passagers et de marchandises, des dfis

    considrables subsistent pour assurer un accs adquat toutes les rgions du pays un cot

    raisonnable. A titre dexemple, dans le secteur agricole, le cot des transports reprsente, en

    moyenne, 35% des prix limportation et 40% des prix lexportation des produits. En vue de

    faciliter son intgration, le pays sest engag diminuer significativement les frais de transport et

    faciliter laccs aux marchs locaux et internationaux. Selon des estimations de lAPI, 50 60% des

    produits vivriers pourrissent dans les rgions rurales par manque dinfrastructures. Dans le domaine

    de llectricit, seulement 3% des mnages sont raccords au rseau national, avec une

    consommation moyenne de 25 KWh par habitant et par an, quivalent 5% de la moyenne

    africaine. Plus de 90% du bilan nergtique est constitu du bois de chauffe et du charbon, avec un

    impact ngatif sur la gestion des ressources naturelles et la sant (en augmentant les risques de

    maladies pulmonaires, surtout pour les femmes et les filles qui font la cuisine). Le Burundi est

    galement en retard en ce qui concerne la densit des rseaux de tlcommunications, avec un taux

    de couverture de la population de 3%, ainsi que pour laccs linternet.

    3.8 Malgr dabondantes ressources en eau, le Burundi fait face des problmes

    dapprovisionnement en eau potable en raison de lingale distribution spatiale et temporelle des

    ressources. Faute dinfrastructures routires appropries, ces tches qui prennent normment de

    temps (de longues distances parcourir), sont assures par les femmes et les filles et limitent leur

    temps dvolu lducation et autres activits gnratrices de revenus, mais affecte aussi

    ngativement leur sant et scurit personnelle.

    3.9 Le manque de capacits: De manire gnrale, ladministration se caractrise par la faiblesse

    de ses capacits, aussi bien au niveau central que local. Ceci est caractristique pour un pays fragile

    et se traduit par la difficult et la lenteur dans la coordination et la mise en uvre des politiques

    conomiques et lexcution des projets. Certes le pays a bnfici dun programme de renforcement

    des capacits institutionnelles de la Banque en matire de gestion des finances publiques visant

    lamlioration de la transparence et de lefficacit du budget et le renforcement des systmes de

    contrle interne, externe, et des marchs publics. Toutefois, le renforcement des capacits restent

    crucial, notamment au niveau du Systme National de la Statistique, dont le manque de capacit a

    pour consquence labsence de donnes fiables.

    3.10 Le climat des affaires: Lamlioration du climat des affaires reste un dfi majeur la

    croissance conomique, notamment ses implications en matire de cration de richesses, demplois

    et de mobilisation des revenus. En rponse, le Burundi a adopt de nombreuses rformes durant la

    dernire dcennie et poursuit leur mise en uvre avec le soutien de ces partenaires. En collaboration

    avec le secteur priv, la socit civile et les partenaires cls, il est en train de rdiger une stratgie

  • 12

    pour le secteur priv et un programme pour appuyer lentreprenariat, y compris lentreprenariat

    fminin. Les progrs accomplis sont normes, notamment au regard des faibles capacits existantes,

    mais dans le but dattirer les investisseurs et de faciliter lmergence effective dun secteur priv

    dynamique, lamlioration du climat des affaires par la poursuite des rformes, notamment en

    matire de bonne gouvernance, est ncessaire et doit saccompagner dune mise niveau minimum

    des infrastructures. Coordination des bailleurs de fonds

    3.11 Le Groupe de Coordination des Partenaires est le cadre formel pour le dialogue entre les

    diffrents partenaires au dveloppement et le Gouvernement. Il est subdivis en 12 groupes

    thmatiques en charge des questions techniques et sectorielles. La frquence des runions avec le

    ministre concern est mensuelle. La Banque est membre de plusieurs groupes sectoriels, et, ce

    titre, les projets routiers ont bnfici dune synergie de cofinancement et de complmentarit avec

    les principaux bailleurs de fonds du sous-secteur routier (Banque Mondiale et UE). RWFO, dans le

    pass, a jou un rle cl en fournissant son soutien et en participant aux runions les plus

    importantes. Nanmoins, louverture du BIFO, que le gouvernement demandait depuis longtemps,

    mais galement trs attendu par les partenaires, renforcera encore cette bonne collaboration et

    permettra la Banque de devenir chef de file, notamment dans les infrastructures.

    3.12 Partenaires au dveloppement (Annexe 3): Les partenaires au dveloppement multilatraux et

    bilatraux ont t consults par la Banque, afin dtablir une synergie de co-financement et de

    complmentarit. La scurit alimentaire est prise en charge par le PAM, le FIDA, lUE et la

    coopration belge. La coopration suisse intervient principalement en matire de rformes

    foncires, rforme cruciale pour le pays. Le domaine du dveloppement humain est couvert surtout

    par les bilatraux, les

    agences onusiennes

    et les ONG. La

    Banque Mondiale,

    avec le projet dappui

    la gestion

    conomique (PAGE)

    de 20 millions de

    dollars EU (montant

    lev compte tenu

    des capacits dabsorption de ladministration) est le principal intervenant dans le domaine de la

    rforme du secteur priv, appuye par le Fonds pour le climat des investissements en Afrique,

    notamment en ce qui concerne les droits de proprit, lexcution des contrats, la fiscalit et les

    droits douaniers. La SFI, quant elle se concentre sur le volet PPP. Lappui aux questions

    environnementales reste encore trs limit, seules la Banque et lUE soutenant ce secteur. Le pays

    bnficie dune assistance sous forme dappui budgtaire gnral (ABG) axe sur lamlioration de

    la gestion de finances publiques. Dans ce cadre, TRADEMARK EA14

    appuie directement lOBR.

    Au total, grce une bonne division du travail, la majorit des secteurs sont correctement couverts,

    et ce malgr un montant daide totale limit, qui pourrait dailleurs se contracter15

    en raison

    notamment de la crise financire internationale. La Banque est attendue principalement en matire

    dinfrastructures, dappui aux rformes (ABG) et de renforcement des capacits.

    14 TRADEMARK EA est financ par la coopration belge, sudoise, nerlandaise, danoise et DFID. 15 Les cooprations britanniques et sudoises vont se retires du pays

    Agriculture Infrastructure Secteur priv Dev. Humain Environnement DDR

    UE x x x x

    Banque Mondiale x x x x x

    USAID x x x x

    Belgique x x x x x

    Banque (BAD) x x x x

    Agences onusiennes x x x

    Autres bilatraux x x x x

    Tableau 2: Division du travail entre les partenaires principaux au dveloppement

  • 13

    Encadr 9: DSP 2008- 2011 - Rsultats cls.

    La Loi organique sur les finances publiques correspond aux standards

    internationaux

    Il existe des plans de trsorerie annuels, trimestriels et mensuels

    Un nouveau code des marchs publics a t adopt

    LOBR et lAPI ont t crs

    Laccs llectricit slevait en avril 2011 3% (2% en 2008)

    La valeur des exportations de produits agricoles crot de 54 millions de dollars

    EU (2006) 98.89 millions de dollars

    Les terres agricoles prserves de l'rosion ont augment de plus de 15%

    Le positionnement de la Banque au Burundi

    3.13 Operations en cours: Le portefeuille actif (cf. Annexe 4) compte 7 oprations nationales pour

    un montant de 112,23 millions dUC. Le secteur routier reprsente 58,9% du portefeuille, suivi du

    secteur social (17,7%). Les oprations multinationales actives sont au nombre de 6 pour un montant

    de 117,66 millions dUC et concernent majoritairement le secteur routier, hauteur de 70,1%.

    3.14 Performance du portefeuille: Le taux de dcaissement des interventions nationales se situe

    24,4%. Ce faible taux sexplique par les deux nouveaux projets de route approuvs en 2010 et

    2011. La qualit du portefeuille s'est amliore et a t juge satisfaisante avec une note globale de

    2,3 (sur une chelle de 0 3) en 2010 contre une note de 2,1 en 2008. Ceci reflte la forte

    implication de lquipe pays, lengagement du pays et le suivi rapproch, avec lappui des Bureaux

    de la sous-rgion. Le dcaissement rapide des oprations dappuis budgtaires (toutes les conditions

    ont t remplies avec clrit) et lachvement du projet agricole avant la date de clture sont

    galement une bonne illustration. Louverture imminente du BIFO et la rorganisation de KEFO en

    centre rgional des ressources (CRR) permettront encore damliorer la performance du

    portefeuille, en assurant une prsence effective des experts sectoriels sur le terrain (liaison

    quotidienne Nairobi/Bujumbura autour dune heure) et de la prise en compte des questions

    transversales.

    3.15 Lors des diffrentes missions de supervision et de prparation du DSP, lexamen de la mise en

    uvre des recommandations de la dernire revue du portefeuille, effectue en novembre 2010, a t

    discut. Les rsultats sont mitigs. Certaines recommandations ont t mises en uvre et ont permis

    lachvement comme la bonne excution des projets (PABV, PARE III et IV). Dautres doivent

    encore tre mises en uvre mais demandent plus de temps, comme tout ce qui concerne le

    renforcement des capacits. La prsence de la Banque au Burundi permettra dassurer un meilleur

    suivi au quotidien, et ainsi lacclration de la mise en uvre de toutes les recommandations.

    Rsultats et leons tires de la mise en uvre du DSP 2008-2011

    3.16 Rsultats obtenus: Les interventions au cours de la priode 2008-2011 ont eu un impact positif

    sur le processus de paix en contribuant mettre en uvre le CSLP I et indirectement rduire les

    risques de reprise des conflits. En effet,

    les interventions dans le secteur des

    infrastructures et dans le secteur social

    ont donn non seulement des

    perspectives la population rurale en

    crant des opportunits demplois, mais

    ont aussi permis un meilleur accs aux

    zones rurales par la cration de pistes.

    Suite aux interventions dans le secteur routier, lintgration au sein de la CAE a t promue et

    devrait avoir des consquences positives sur la comptitivit du pays moyen terme. Les

    interventions dans le secteur agricole, ont permis lexploitation de terres prcdemment

    incultivables et ont ainsi contribu renforcer la scurit alimentaire et la protection de

    lenvironnement et ont cre galement des opportunits de travail. Les programmes dappui aux

    rformes conomique (le PARE IV progresse comme prvu et sera achev en Juin 2012) ont

    contribu amliorer la gouvernance conomique et financire. Par ailleurs, les interventions de la

    Banque, au travers de la Facilit africaine de leau, ont amlior de manire significative laccs

    leau potable et lassainissement dans quatre provinces du pays et dans la capitale.

    3.17 Leons tires: Le rapport dachvement du DSP 2008-2011 aboutit la conclusion selon

    laquelle la stratgie tait pertinente. Parmi les principaux enseignements qui sous-tendent la

    stratgie propose, citons:

  • 14

    1. Communication: la ncessit damliorer la communication avec les ministres sectoriels et les parties prenantes. Le gouvernement ne connait pas suffisamment les procdures de la Banque et les diffrents volets

    de financement disponible. Mesures prises: la Banque a renforc la diversit des expertises dans les missions effectues au Burundi. La dissmination des informations sera une des priorits de BIFO;

    2. Supervision des interventions: La qualit des interventions pourrait samliorer en vitant un changement frquent des chefs de projets. Au niveau du gouvernement, le recrutement des chefs de cellule dexcution

    devrait galement tre renforc pour assurer une bonne gestion du projet. Mesures prises: le recrutement dun

    conomiste pays pour le Burundi ainsi que louverture du Bureau, avec des experts sectoriels en transport,

    nergie, dveloppement humain et gouvernance, sans compter la proximit du CSR, permettront un suivi

    rapproch et continu des interventions de la Banque;

    3. Cadre de suivi et des rsultats du DSP: La qualit du cadre de suivi et des rsultats du DSP doit tre amliore, en particulier les indicateurs doivent tre spcifiques, mesurables, atteignables, ralistes et

    temporels (SMART) et les rsultats et les effets clairement distingus. Mesures prises: en dpit de la raret

    des donnes disponibles, un effort a t fait pour sassurer de la mesurabilit des indicateurs, en partenariat

    avec ESTA;

    4. Les risques: ils ont t bien identifis et attnus par les interventions de la Banque. Nanmoins, le risque venant du changement climatique doit tre mieux intgr dans le prochain DSP tant donn que le Burundi

    dpend fortement de la performance du secteur agricole. Mesures prises : Comme suggr, ce DSP met un

    accent particulier sur le changement climatique et les impacts environnementaux;

    5. Harmonisation: des efforts restent mener. Mesures prises : dans la mesure du possible, aucune unit ad hoc ne sera cre pour la supervision des interventions, mais les capacits de ladministration seront utilises et, si

    besoin, renforces. Lvaluation mene de lutilisation des systmes nationaux servira de rfrence et

    alimentera le dialogue pays. Enfin, louverture du BIFO facilitera la mise en uvre de la Dclaration de Paris,

    avec un engagement effectif dans les groupes sectoriels, le dploiement des ressources dans le CSR venant en

    appui aux besoins sectoriels spcifiques du pays.

    IV. STRATEGIE DU GROUPE DE LA BANQUE

    Justification de lintervention du Groupe de la Banque

    4.1 La stratgie a pour objectif de soutenir le Burundi dans la reconstruction post conflit travers

    la consolidation de lEtat et lamlioration des infrastructures. Elle vise soutenir le pays dans

    le but de librer son plein potentiel conomique en mettant laccent sur lapprofondissement des

    rformes et la gouvernance, lutilisation durable des ressources naturelles, la cration demplois et

    lautonomisation de la femme. En outre, la stratgie contribuera stimuler le dveloppement du

    secteur priv en fournissant un meilleur environnement des affaires et les services dinfrastructures

    adquats. La slection des domaines dintervention tient compte des priorits du pays en salignant

    sur le CSLP II (cf. 3.1 et 3.2), de lanalyse des forces et faiblesses (cf. 3.3-3.10), de la fragilit du

    pays, de la stratgie de la Banque pour lAfrique de lEst, de la complmentarit avec les

    partenaires au dveloppement (cf. 3.12) ainsi que des travaux analytiques mens.16

    Ces travaux ont

    dailleurs permis de renforcer le dialogue avec le gouvernement et les partenaires et dinfluencer les

    choix stratgiques et oprationnels. Compte tenu des ressources limites et de la faible capacit de

    ladministration, la stratgie propose met laccent sur la slectivit, avec deux piliers

    complmentaires, savoir la consolidation de lEtat et lamlioration des infrastructures afin de

    promouvoir la croissance et le dveloppement inclusif. Le choix de ces piliers est cohrent avec

    lavantage comparatif de la Banque dans le secteur des infrastructures, ainsi que sa valeur ajoute

    dans les domaines de lappui aux rformes, la bonne gouvernance, et du renforcement des capacits.

    4.2 Les piliers sont aligns aux priorits nationales, comme indiques dans le CSLP II, qui

    mettent en exergue le rle fondamental du renforcement de lEtat comme celui de linvestissement

    dans les infrastructures pour contribuer la croissance de lconomie, notamment celle du secteur

    agricole (cf. 3.3), au dsenclavement des zones rurales (cf. 3.7) et lintgration rgionale (cf. 3.5).

    La Banque, forte de son exprience passe, appuiera le gouvernement dans la mise en uvre et

    16Au cours du dernier DSP le pays a bnfici de llaboration de plusieurs tudes stratgiques, savoir (1) les deux documents de stratgie

    dintgration rgionale (Afrique Centrale et Afrique de lEst), (2) lAnalyse de la sensibilit de lconomie burundaise aux chocs, (3) la mobilisation

    des ressources domestiques pour la rduction de la pauvret en Afrique de lEst et (4) le plan daction pour les infrastructures au Burundi.

  • 15

    lapprofondissement des rformes et consolidera ces acquis par le renforcement des capacits dans

    le domaine de la gouvernance et des statistiques, afin de stimuler la croissance conomique et le

    dveloppement du secteur priv. La Banque se concentrera sur lamlioration du rseau

    dinfrastructures (cf. 3.7-3.8) servant dappui aux secteurs productifs, en particulier le secteur

    agricole. Elle promouvra les infrastructures respectueuses de lenvironnement, notamment

    lhydrolectricit et le chemin de fer, et visera renforcer les capacits des populations

    sorganiser pour mieux exploiter les opportunits cres par les infrastructures construites. Grce

    aux effets positifs indirects sur la production agricole travers lamlioration des infrastructures et

    une meilleure gestion des ressources environnementales, les interventions proposes contribueront

    galement la scurit alimentaire.

    4.3 Consultations avec les parties prenantes: Des consultations intenses avec le gouvernement et

    les parties prenantes lors de llaboration du DSP ont confirm lalignement sur le CSLP 2 et la

    pertinence des piliers. Elles ont galement mis en exergue limportance de maximiser les synergies

    avec les partenaires techniques et financiers afin de renforcer lapproche slective du DSP tout en

    assurant une bonne couverture des diffrents secteurs porteurs du pays et la soutenabilit des

    interventions, mais aussi le rapprochement avec le secteur priv et la socit civile, pour assurer une

    plus grande appropriation et un impact rel sur les populations.

    4.4 Pilier 1: Consolidation de lEtat. Ltat, au niveau national, mais encore plus au niveau

    local, souffre dun manque de capacits, caractristique des pays fragiles, qui rduit la porte des

    actions et les marges de manuvre pour entreprendre les rformes ncessaires, notamment pour

    attirer le secteur priv; et ceci en dpit des efforts consentis par le Burundi en matire de rformes et

    dassainissement du cadre macroconomique (comme confirm par les diffrentes revues

    satisfaisantes du FMI). Cest pourquoi la Banque continuera son appui aux rformes, en troite

    collaboration avec les autres partenaires techniques et financiers, sous forme dappui budgtaire

    gnral (ABG), qui rpond aux critres requis en matire dappui budgtaire, tel que prcis dans

    lannexe 5. Cet appui sarticulera autour de lamlioration de la gestion des finances publiques et de

    la gouvernance conomique et financire et bnficiera des leons tires des appuis antrieurs. Il

    permettra de contribuer lamlioration du cadre macroconomique, mais galement promouvoir

    un meilleur climat des affaires, propice au dveloppement du secteur priv.

    4.5 En complmentarit avec lappui budgtaire gnral, la Banque envisage de concentrer les

    ressources du pilier 3 provenant de la FEF sur le renforcement des capacits de l'tat, dans les

    domaines suivant: (i) la bonne gouvernance lassistance sinscrit dans un souci de consolidation

    des effets positifs des appuis budgtaires antrieurs et des appuis institutionnels, notamment la

    rduction des risques fiduciaires, par une amlioration de la transparence, de lefficacit du budget,

    de la gestion de la dette et le renforcement des systmes de contrle interne, externe, et des marchs

    publics du pays; (ii) lefficacit du systme statistique national lassistance visera principalement

  • 16

    apporter un soutien llaboration du diagnostic de la pauvret et assurer un suivi et valuation

    adquat du CSLP II. Face aux immenses besoins, dautres financements seront galement envisags

    (par le biais de la Clause dentente avec la Norvge, lACBF et autres partenaires) pour soutenir la

    rforme du statut de lInstitut des Statistiques et des Etudes conomiques (ISTEEBU) et le

    renforcement de ses capacits.

    4.6 Pilier 2: Amlioration des infrastructures. Lamlioration des infrastructures, surtout dans le

    milieu rural o 90% de la population est base, permettra de relier les zones de production aux

    zones de consommation et dassurer laccs aux services de base comme les marchs, les centres de

    sant et les rseaux dadduction en eau potable et dassainissement. Les infrastructures proposes

    favoriseront le dveloppement du secteur priv et le respect de lenvironnement17

    . En vue de

    lexploitation du potentiel minier (cf. 3.4), la Banque est en train de raliser une tude de faisabilit

    sur lextension du rseau ferroviaire entre le Burundi et la Tanzanie pour un transport adquat des

    minerais respectueux de lenvironnement jusquau port de Dar es Salaam. Compte tenu des dfis

    lis la gouvernance, la Banque poursuivra son dialogue avec le pays et lencouragera participer

    linitiative pour la Transparence dans le secteur de la construction18

    .

    4.7 Une amlioration de loffre et de laccs lnergie est cruciale pour le dveloppement du

    Burundi (cf. 3.7). Les interventions dans le secteur de lnergie visent la fois accroitre la

    production et rendre lnergie plus accessible, plus fiable et moins couteuse. Ceci permettra

    lexploitation des facteurs de production, en particulier dans le secteur priv, notamment agricole, et

    contribuera lamlioration du bien-tre de la population. Conformment aux recommandations du

    Plan dactions pour les infrastructures labor par la Banque en collaboration avec le gouvernement,

    lapproche rgionale sera privilgie pour le dveloppement du secteur nergtique, ainsi que la

    mobilisation de ressources additionnelles travers le cofinancement et les investissements du

    secteur priv.

    4.8 Lamlioration des infrastructures de base, notamment les pistes rurales, est cruciale, non

    seulement pour stimuler la productivit, acclrer la transformation conomique mais aussi

    renforcer la scurit dans le monde rurale. En outre, alors que les effets de la pression foncire et du

    dboisement ont rduits les terres cultivables, un amnagement adquat et une meilleure gestion de

    lenvironnement offre de nombreuses opportunits de dveloppement conomique et social. La

    transformation des terres incultivables en terres cultivables, notamment par le terrassement, est une

    rponse aux dfis lis la forte densit de population et au changement climatique.

    Objectifs et rsultats attendus

    4.9 Le Burundi, pays risque lev de surendettement, est qualifi seulement pour les dons. Un

    programme indicatif de dons est prsent lannexe 6. Pour la priode 2012-2013, lallocation

    restante au titre du FAD 12 slve 20,47 millions dUC et 18,23 millions dUC au titre du

    financement supplmentaire de la Facilite en Faveur des Etats Fragiles (FEF), soit un montant total

    de 38,7 millions dUC.19

    Ces montants pourront tre sujets ajustement en fonction des rsultats de

    lEPIP et lanalyse de soutenabilit de la dette. Les ressources disponibles pour 2014-2016

    dpendront du prochain cycle du FAD 13. La Banque redoublera defforts pour mobiliser des

    ressources additionnelles, telles que les fonds thmatiques et les fonds fiduciaires en vue

    17 Lexpansion du rseau routier au niveau rgional favorisera quant lui lintgration conomique avec les pays voisins. En plus, lappui aux infrastructures vise dvelopper les comptences dans la gestion des entreprises de construction routires et dentretien des infrastructures, avec lobjectif de stimuler la cration demplois, particulirement pour les jeunes et les femmes. Concernant les missions de CO2 induites par

    laugmentation du trafic venant des nouvelles routes, elles seront compenses en partie par lamlioration des conditions de dplacements, notamment

    grce la rgulation de la vitesse des vhicules, la rduction des temps passs en seconde/premire vitesse et la rduction du nombre de manuvres pendant la con

    duite 18 Il sagit de linitiative pour la transparence dans le secteur de la construction, plus connue sous le non CoST. Cette initiative mane du groupe de travail sur les infrastructures du G20. Elle a t lance en 2006 par le DFID. 19 Lallocation FAD 12 slve 30,47 millions dUC et le soutien supplmentaire de la FEF est de 57,23 millions dUC. En 2011, deux interventions

    (Programme dappui budgtaire IV, budgtaire phase de la route Gitega-Ngozi) ont t approuves pour un montant global de 49 millions dUC.

  • 17

    Encadr 10: Limpact de la Dcentralisation.

    Diminution du nombre de missions de Tunis

    Supervisions de projets effectues par les experts BIFO

    Initiation des rapports dachvement par les experts BIFO, puis revus par

    le CRR avant transmission lquipe pays

    Elaboration de la revue mi-parcours et rapport dachvement du DSP

    par lconomiste pays BIFO

    Amlioration du dialogue avec toutes les parties prenantes

    Amlioration de la visibilit de la Banque

    daugmenter les ressources limites de lallocation pays. Lenveloppe rgionale sera galement

    mobilise pour soutenir lintgration rgionale mais aussi compte tenu de son effet levier en matire

    de mobilisation des ressources. La Banque effectuera galement des travaux analytiques et des

    tudes qui contribueront une meilleure connaissance et une plus grande efficacit dans les

    activits menes, tout en permettant, dans le mme temps, de renforcer son rle de conseil.

    4.10 Operations de dons (cf. Annexe 6): Les interventions pour 2012 et 2013 se concentrent sur un

    appui budgtaire, accompagn par le renforcement des capacits, et deux projets de route (corridor

    Nord-Sud (RN3) et RN13, cf. Annexe 7), ainsi quun projet damnagement forestier et des bassins

    versants (deuxime phase du PABVA. Au-del des rsultats physiques attendus, les interventions

    proposes contribueront crer des emplois et inclure des activits adaptes aux besoins des

    populations dans la rgion concerne. De mme les activits lies aux travaux permettront de

    renforcer les capacits des populations cibles notamment les petits producteurs et les acteurs de

    lindustrie routire et leur participation accrue dans le dveloppement des secteurs concerns. Pour

    la priode 2014-2016, les interventions se concentreront sur lnergie (cf. Annexe 8) avec deux

    projets multinationaux, savoir linterconnexion rgionale (Projet de Rusumo Falls) et les

    ressources nergtiques propres (Ruzizi III) afin de minimiser les missions de CO2, complter par

    un projet de distribution nationale. Les tudes et discussions relatives aux oprations rgionales en

    matire dnergie sont bien avances. En outre, la Banque qui finance actuellement une tude de

    faisabilit et de conception technique dtaille pour le projet ferroviaire reliant la Tanzanie, le

    Burundi et le Rwanda, envisage dapporter son soutien financier au projet, mais surtout de jouer un

    rle catalytique dans la mobilisation de financements sous forme de PPP.

    4.11 En matire de cofinancement, des ressources du Fonds pour lEnvironnement Mondial (FEM)

    hauteur de 3,5 millions de dollars EU devraient tre mobilises dans le cadre du PABV 220

    . Les

    projets rgionaux nergtiques, Ruzizi III et Rusumo Falls, font actuellement lobjet de

    ngociations avec respectivement lUE et la Banque mondiale. Ces projets multinationaux ainsi que

    le projet ferroviaire sont de nature favoriser une plus grande implication du secteur priv,

    notamment du fait que ds leur conception, la participation du secteur priv a t prise en compte.

    Cest pourquoi des ateliers regroupant toutes les parties prenantes ont t organiss pour diffuser

    largement les rsultats des tudes et mobiliser les financements privs.

    4.12 Travaux analytiques: La Banque va galement engager des travaux analytiques additionnels

    pour tayer les interventions slectionnes au Burundi. Ainsi pour lintgration rgionale, les tudes

    permettront didentifier les actions et mesures mettre en place par le pays pour que ladhsion la

    CAE soit la plus bnfique possible. Les voies et moyens dassurer un cercle vertueux entre le

    changement climatique, les femmes et

    lemploi des jeunes et des femmes

    bnficieront dune analyse en

    profondeur et de solides

    recommandations. Ces tudes

    alimenteront le dialogue avec le

    gouvernement et permettront de fournir

    des conseils techniques et une expertise

    dans les domaines mentionns. Dans ce

    cadre, la Banque conduit des discussions avec les partenaires techniques et financiers relatives de

    possibles collaborations. La Banque ajustera galement son programme en fonction des demandes

    urgentes que le pays pourrait lui demander.

    20 La Banque cofinancera avec le FEM le projet PAARC Projet dAdaptation et dattnuation des Risques lis aux Changements climatiques dont

    lobjectif est de contribuer amliorer les capacits techniques et institutionnelles pour ladaptation au changement climatique travers la promotion

    de mcanismes intgrant des informations sur la variabilit climatique dans les processus de planification et de prise de dcision.

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    Suivi et valuation

    4.13 La Banque procdera, conjointement avec le gouvernement, au suivi/valuation des

    indicateurs dfinis dans le cadre de suivi et des rsultats du DSP (cf. Annexe 9). Au-del des

    missions de supervisions des projets, la Banque procdera des revues annuelles du portefeuille

    pays afin dassurer latteinte des objectifs de dveloppement des projets. La revue mi-parcours

    la fin de 2013 permettra, quant elle, de mesurer les progrs accomplis dans la mise en uvre de la

    stratgie, dvaluer la validit des piliers retenus compte tenu de lvolution du pays, mais aussi du

    reste du monde, et de prciser les interventions pour les annes restantes. Cette revue mi-parcours

    sera particulirement importante pour le Burundi puisquelle devra valuer les besoins et

    opportunit de poursuivre les appuis aux rformes par le biais de lappui budgtaire. Un rapport

    dachvement sera prpar en 2016. Dans le cadre du processus de dcentralisation, avec la

    prsence de la Banque au Burundi, savoir louverture de BIFO et la mise en place du CRR

    proximit, les activits de suivi/valuation pour la priode du DSP, vont, en grande partie, tre

    faites sur place.

    Risques potentiels et mesures dattnuation

    4.14 Fragilit du processus de paix et linstabilit politique: Un ventuel retour de la rbellion

    constituerait un risque majeur pour la mise en uvre du CSLP II. Malgr certains progrs, les

    rcents vnements soulignent la fragilit de la situation. La Banque ne peut faire mieux

    quencourager et soutenir le processus de paix travers son soutien au renforcement de lEtat en

    matire de gouvernance, ses interventions gnratrices demplois, notamment pour les ex-

    combattants et dplacs au sein du secteur agricole et travers les programmes de travaux publics.

    Ladhsion du Burundi la CAE, qui est fortement engage prserver la paix et la scurit dans

    ses pays membres travers le Programme de paix, scurit et croissance conomique, rduit aussi

    ce risque.

    4.15 Faibles capacits institutionnelles: Cette faiblesse pose de nombreux risques notamment en ce

    qui concerne la mise en uvre des rfo